Mon éducation sexuelle

Je t’imagine arriver sur cette page et te demander ce que tu vas y trouver.

Qu’est ce que c’est que ce blog? Cinquantes autres nuances de Grey? Un site porno destiné à vendre du contenu pour adultes?

Rien de tout ça, il s’agit seulement d’une sorte de journal intime que j’écris comme pourraient l’être les mémoires d’une femme devenue autrement heureuse, intensément heureuse.

Je ne peux pas dire qu’auparavant j’étais triste, au contraire. Ma petite vie tranquille me convenait parfaitement.

Pour bien comprendre qui je suis, je me dois de te raconter qui j’étais, d’où je viens et comment je me suis construite avant de décider seule celle que je voulais être.

Mon adolescence

J’ai été une petite fille peureuse, un peu réservée. Mes parents ont été aimants, et ils ne voulaient que mon bien. J’ai été bercée par les dessins animés de princesses iconiques des années 90. J’ai adoré être une princesse dans mon petit monde idyllique.

Ma mere m’a rapidement inculqué une morale un peu stricte. J’ai été abreuvée de clichés sur les garçons et les filles. Les fréquentations amoureuses n’étaient pas “bien”. Lors de mon adolescence, je n’ai retenue que du mal du sexe. Ça ne m’a jamais été dit tel quel, mais on me rapportait souvent qu’une fille ne fait pas ci, les garçons ne veulent que ça. Et surtout, je devais avoir peur de sortir après 20 heures.

Mon père lui, n’a pas été présent sur ces sujets. De formation militaire, il surveillait plutôt mes fréquentations, et avait un avis très tranché sur le type de garçons que je pouvais cotoyer. Il fallait qu’ils soient de bonnes familles, studieux. Pas le genre de garçons à vouloir trainer les rues ou à courir après les filles.

À 12 ans, mon corps commence à me poser question. Pourquoi suis je attirée par ce qu’il se passe sous ma jupe?

Quand je reçois une copine à la maison alors que mes parents ne sont pas là, une sorte d’attirance réciproque s’installe. Je découvre son corps, elle découvre le mien, et cela provoque chez moi des sensations agréables!

Lorsque cette copine doit rentrer chez elle, j’éprouve déjà une culpabilité, comme un conflit entre ce que mon corps veut, et ce que mes parents m’inculquent. Je ne le sais pas encore à ce moment là, mais je suis totalement innocente, et ce qu’il se passe est normal.

Je vais refouler cette petite attirance pour les filles, et tout ce qui à trait aux relations amoureuses et physiques. Vers 14 ans, je suis amoureuse d’un garçon, mais l’idée même de lui parler me terrifie. Quand une voisine me pousse à lui déclarer ma flamme, je me tétanise. L’idée que cet “amour” soit réciproque est inconcevable.

Cette voisine de mon âge, plus amusée que serviable, s’en va tout raconter à ce garçon. Et contre toute attente, il veut bien “sortir” avec moi! Quand j’apprends la nouvelle, je suis la plus heureuse du monde, jusqu’à ce que je me rende compte qu’il va falloir le regarder en face, lui parler et pire: l’embrasser sur la bouche.

Je finis par renoncer et je prétends que tout cela n’est qu’un misérable canular. J’en profite pour me moquer de ce garçon. Cela me fait terriblement mal au coeur, mais je préfère encore ça que d’affronter ma peur des liens amoureux et des contacts physiques. Et puis de toute façon, mes parents considèrent que ce n’est pas bien.

Au lycée, j’ai de très bonnes amies qui ne sont pas bridées par l’éducation. Je m’adapte, j’intègre les codes et les comportements des jeunes femmes de mon âge. Mais dans les faits, rien ne change. Je reste timide face aux garçons, et l’attirance que je peux ressentir pour les femmes reste très discrète et enfouit dans mon subconscient.

Je constate bien que j’attire les regards. Un manque évident de confiance en moi m’amène à penser que ce n’ est peut être pas parce que je suis jolie, mais peut être que l’on se moque de moi, pour je ne sais quelle raison. Et quand un garçon me déclare sa flamme, je suis persuadée que c’est uniquement en raison de ses hormones en ébullition. Que peut il vouloir d’autre que satisfaire sa perversion? Ca me dégoûte.

Voilà mon état d’esprit a 16 ans. Je refuse l’évolution naturelle de ma sexualité, de celle des autres, et encore moins de conjuguer les deux!

Seule, je n’explore pas mon corps, du tout. Je n’y arrive pas, ça ne me fait rien. À quoi bon continuer d’essayer…

Une amie de mon quartier me parle souvent de ses aventures. Pauline aime les hommes méditerranéens. Et les jeunes hommes méditerranéens aiment Pauline. Elle aime leur côté viril et macho. Moi, je la questionne, je lui explique mes craintes, sans pour autant lui faire comprendre que je trouve tout cela sale. Ça la fait rire, mais elle est bienveillante avec moi. Elle me parle de sodomie, m’assure que c’est génial, qu’ils adorent. Avec le recul, je pense qu’elle en a rajouté pour affirmer encore plus sa grande experience par rapport a moi. Toujours est il que je ne suis pas du tout rassurée. La seule chose que j’ai comprise, c’est un cliché, les hommes méditerranéens n’aiment que la sodomie, et ça c’est très sale selon moi!

Mathieu

J’ai 17 ans, et je suis invitée à une soirée entre amis. Dans cette soirée, il y a Mathieu. C’est le beau gosse du lycée. Blond, mâchoire carrée, et hyper populaire. Je vois en lui le prince charmant. Pendant cette soirée, nous discutons beaucoup, je suis sous le charme, et il finit par m’embrasser. Je n’aime pas ça, mais comment faire la difficile? J’ai un noeud au ventre. J’ai bien conscience que je ne suis pas moche, que je deviens une jeune femme et que je n’ai jamais eu de vrai petit copain. Je me dis que c’est un passage obligé.

Notre histoire dure quelques semaines, nous sommes le couple star du lycée. On s’embrasse régulièrement, et finalement je m’habitue. Ce n’ est pas ce que je préfère faire avec lui, mais ce n’est pas désagréable non plus. Moi j’aime les discussions sans fin, les révisions complices, passer de simples moments avec lui. Je sens néanmoins qu’il en attend plus, évidemment. Alors un après midi, il me propose de passer chez lui après les cours. C’est complètement terrifiée que j’accepte sa proposition.

Lorsque nous arrivons chez Mathieu, ses parents ne sont pas là, et je tente de sauver les apparences en parlant de tout et de rien. Nous arrivons dans sa chambre et il me présente ce qu’il appelle “la chambre des plaisirs”. Ridicule. Mais je ris bêtement pour ne pas paraître coincée. Il m’embrasse et nous voilà sur son lit. Mathieu passe sa main sous mon pull et mon soutien gorge, pour me masser maladroitement la poitrine, ce qui n’a absolument aucun effet sur moi. Je me laisse faire, parce que ça doit être normal de subir ça. Il finit en me disant que, je cite, ma “paire de nichon” est mon “plus grand atout”. Ca n’ira pas plus loin.

Je prétexte une mauvaise alchimie entre nous pour quitter Mathieu. Je suis désespérée de ne pas ressentir ce que toutes mes amies semblent adorer. Elle semblent accrocs aux embrassades, aux pelotages de seins, aux attouchements et aux rapports sexuels. Quand j’y réfléchis, j’en conclue c’est finalement une bonne chose, que ça m’évitera de m’écarter du droit chemin vers une vie saine et bien rangée, que ma mère m’a bien protégée de tout ça. De toute façon, je n’aime pas la façon de réfléchir des garçons. D’ailleurs ils ne réfléchissent pas, ils ne pensent qu’à ça.

C’est un rapide résumé de mon adolescence. C’est comme ça que j’arrive à l’âge adulte. En me privant d’un des piliers essentiel d’une vie heureuse et épanouie. C’est en tous cas comme ça que j’analyse les choses aujourd’hui.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *