La douceur du soleil caresse ma peau, le bruit de l’eau tinte à mes oreilles, le corps presque parfait de Sébastien sur la chaise longue à côté de moi me rassure, les enfants qui se chamaillent dans la piscine. Ces vacances sont parfaites.
Que me manque-t-il ? Rien. Ma vie est réussie.

Mes récentes expériences avec Pierre m’ont donnée confiance. Un sentiment d’être une femme qui sait. C’est agréable de ne plus être cette épouse innocente. Je me sens puissante et expérimentée. Plus forte dans ce monde. C’est particulier comme état. Les mots me manquent.
Au bord de la piscine, je ne pense à rien, à personne d’autre que ma famille, mon mari. Je vis tout simplement. Ma démarche est chaloupée, mon regard est assuré. Je sais que je plais, et surtout à Sébastien. Je suis la femme que je veux être. Je suis sexy et attirante pour qui veut bien me regarder. Je me plais, je plais à Sébastien, et je me fiche de plaire aux autres. Mais attention, si je plais aux autres, je savoure les regards, c’est du bonus à ne pas laisser de côté.

Lors de ces vacances, je me demande s’il est bien nécessaire de poursuivre mes aventures. Bien qu’elles soient convenues au sein de mon couple, il s’avère que j’en ressens moins l’envie. Je me suis prouvée que je pouvais séduire, c’est une case cochée. Je peux être une femme, au-delà d’être une épouse, qui prend et donne du plaisir. Deuxième case cochée.
Une question me taraude alors. Ai-je exploité tout le potentiel érotique de Sébastien ?
Nous nous sommes soumis aux idées d’un autre homme, et cela a éveillé notre désir, c’est indéniable. Nous avons découvert la compersion, le lâcher prise, et une autre forme d’intensité dans le sexe. Mais entre Sébastien et moi, bien que nos ébats fussent plus intenses, nous sommes restés dans notre routine finalement.
Je choisi donc un soir tranquille, sur notre terrasse de bungalow, face à la méditerranée, armée d’un verre de blanc doux, pour en parler à Sébastien.
Il accueille avec beaucoup d’intérêt mes réflexions. C’est le top départ pour la mise en ébullition de nos neurones, j’adore quand les longs sujets avec lui démarrent.
Il réagit directement en expliquant que cette étape de notre vie, mes rencontres avec Pierre, lui ont permis de vivre par procuration une jeunesse que ni lui, ni moi n’avons vécu. Il s’est toujours refusé à me tromper (ouf, merci mon chéri !), parce qu’il m’aime plus encore qu’au premier jour. Les discussions qu’il a pu avoir avec une autre femme étaient faussement sincères, et malgré le caractère croustillant de celles-ci, il en revenait toujours à moi. Inutile de préciser que, lorsque j’entends ça, ma fierté est à 12/10 sur l’échelle des épouses amoureuses.
À mon tour, j’exprime mon amour pour lui, ma dévotion. Nous trinquons.
Sébastien et moi-même sommes d’accord pour dire que ce qu’on a vécu est génial. En revanche, nous essayons de comprendre comment nous pourrions retrouver cette excitation des moments volés et interdits, rien qu’entre nous deux.
La vie de famille, les contraintes de garde des enfants, de logistique, les mauvaises surprises du quotidien (tu connais les devoirs des enfants de dernière minute le dimanche soir ?), sont autant d’obstacles à surmonter quand on veut une vie de parents ET une vie sexuelle haletante.
Je crois que nous sommes nombreuses et nombreux dans ce cas-là : nous n’habitons pas un château. Les chambres sont proches, et mes enfants ont soifs à 23h, envie de faire pipi à minuit (logique…). Et encore, pour l’instant ils dorment à peu près. Dans 5/6 ans, ce sont deux ados accrocs à Netflix que nous hébergerons.
Ajoutons à cela la charge professionnelle, assez psychologique pour Sébastien, et chronophage pour moi, et nous obtenons une énigme du père Fouras à résoudre pour obtenir la clé de notre épanouissement conjugal.
Sacré défi, mais je suis motivée pour le relever. La seule chose qui me chagrine, c’est la masse d’efforts à fournir pour y parvenir. Pourquoi les choses ne sont-elles pas plus simples ?
Pour Sébastien, il semblerait que ça soit facile dans sa tête. Il me dit être capable de travailler et de penser à moi. Il peut prendre du temps dans la journée pour faire monter la température par message, tout en me demandant s’il doit acheter du lait sur le retour du travail.
Faire l’amour comme des ados, pendant une demi-heure de répits à la maison, ne lui pose pas de souci.
Pour moi, c’est plus compliqué a priori. J’ai besoin de me concentrer sur mon rôle. Mon rôle de mère, de prof, d’épouse, de femme et d’amante (haha naturellement et inconsciemment, je viens d’écrire mes rôles dans un ordre révélateur de mes priorités…). Je ne vois pas comment je peux switcher si facilement, surtout que mon unique interlocuteur reste Sébastien dans bien des situations.
Avec Pierre, c’était plus simple. Il représente ma vie d’amante, point final. Quand je recevais un message, c’était pour ce rôle d’amante. Quand je fermais mon téléphone, sans même y penser, je redevenais mère, ou prof, en un claquement de doigt.
Mais avoir un amant, avec la complicité de mon mari, me fait dire que je peux switcher aussi avec lui. Le casse-tête peut commencer.
On insonorise notre chambre ? On anesthésie nos enfants ? On fait construire une plus grande maison ? On confie la garde complète et exclusive aux grands parents, et par-dessus le marché on démissionne, pour ne vivre que d’amour et d’eau fraiche ? Dois-je préciser que tout cela est bien ridicule, et que nous ne l’imaginons pas un seul instant ?
Les solutions les plus plausibles sont les réservations dans des spas privatifs, ou les chambres d’hôtels. Ça a un coût certes, mais il ne s’agit pas de faire ça 3 fois par semaine non plus.
Avec Sébastien, nous souhaitons tenter d’instaurer cette habitude de sortir de chez nous, pour nous retrouver, intimement et physiquement. Les grands parents seront ravis de garder leurs petits-enfants, et nous renforcerons l’idée que : Oui, Papa et Maman ont besoin de temps à deux.
Je pense que j’ai besoin de ça pour basculer dans mon rôle d’amante, et Sébastien adore l’idée qui représente la garantie d’un moment plus long et plus savoureux que nos 30 minutes routinières dans le canapé.

Il est minuit sur cette terrasse, et je commence à avoir froid. Sébastien me ramène un de ses gros pulls qui portent son parfum. Il revient aussi avec une idée supplémentaire que j’ai A-DO-RÉE. Pour toi, lectrice ou lecteur, ça ne va pas te sembler fou, mais c’est d’un potentiel que tu ne soupçonne pas.
« A chaque sortie, au spa ou à l’hôtel, on se fait une surprise. Moi je te fais une surprise, Toi tu me fais une surprise »
Sur le moment, je me demande ce qu’il entend par surprise. Il m’éclaire :
« Un nouveau parfum sur toi que je découvre, un objet à découvrir et à utiliser à deux, de la nouvelle lingerie, un maquillage différent… ça peut être tout un tas de chose »
Mais oui, j’adore ! Ça nous obligerait à réfléchir, se projeter, se surprendre, se mettre dans ce rôle d’amants. Je valide à 100%. Nous trinquons, en guise de signature d’accord très solennel. Il est fier comme un gosse qui ramène une bonne note à la maison.
On dirait qu’une solution se profile !
La communication, Mesdames et Messieurs ! Faites marcher vos méninges, et étudiez tout ce qui se présente à vous. Ne rejetez rien sans y avoir pleinement songé ! Je vais vous le répéter autant de fois qu’il le faudra !
Les vacances d’été sont propices aux moments Hot dans un couple. Malgré la promiscuité du bungalow, nous parvenons à nous faire plaisir. Discrètement. Ce projet nous met en émoi.
Ces vacances nous permettent de nous retrouver, encore plus qu’avant. Nous nous ressourçons. Sébastien me voit belle, attirante. J’use et j’abuse des belles tenues estivales. Je suis son amour de vacances. Un bonheur.
Pour parcourir et te repérer dans mon histoire, tu peux consulter la Chronologie ❤️



