Compersion

Que vient-il de se passer ?

Cette pensée m’obsède, j’ai été touchée par un autre homme, et j’ai touché cet homme à mon tour.

Lorsque ça s’est passé, j’étais dans un autre monde. Certes, j’ai anticipé avec Sébastien cette expérience, et je ne considère pas avoir été plus loin que la limite que nous nous étions fixés. Enlevez un sous vêtement devant un autre homme comme défi, impliquait, sans surprise, une vérification tactile ou visuelle. Je n’ai pas eu l’impression de tromper mon mari. J’ai eu l’impression de passer un cap.

Le soir, après cette expérience, nous discutons beaucoup avec Sébastien. Nous revivons les évènements, et c’est très agréable et excitant de partager ça avec lui. Puis, nous analysons cet épisode.

Il s’avère réellement possible que j’ai des contacts physiques avec d’autres hommes. Ça me donne le vertige. Ma naïveté s’écroule. L’analogie qui me vient en tête pour illustrer cette sensation est la suivante : j’ai l’impression d’avoir pris conscience aujourd’hui qu’une arme à feu peut tuer, alors que ça fait 20 ans que j’en ai une entre les mains.

Moi, Cécile, 36 ans, mariée et deux enfants, je suis capable d’être autre chose qu’une mère de famille, sans remettre en cause ce statut.

Souvent, en discutant avec des copines, je me disais que si j’étais seule, je ne trouverais pas d’autres partenaires que mon mari. Sexuellement, je devais être comme ça, c’est la vie, et ça ne me dérangeait pas. A tort, Je ne croyais pas certaines de mes amies, qui, après leur divorce, se révélaient être de vraiesfolles du cul. Pour moi, elles devaient déjà avoir des pensées inavouées pendant des années, qu’elles libéraient une fois débarrassées de leurs odieux maris. Moi, je n’ai jamais eu ces pensées secrètes.

Je suis persuadée que je vis le même mécanisme, sauf que mon mari est formidable et que je ne veux surtout pas m’en séparer, au contraire.

Un faux sentiment de supériorité m’envahit. Contrairement à mes copines, je me libère tout en consolidant mon couple, au lieu de le faire voler en éclats.

La réalité, c’est qu’à ce stade de ma vie, forte de ce cheminement psychologique que je vous conte sur ce blog, si Sébastien avait été toxique, méprisant, ou si nos chemins s’étaient éloignés, j’aurais eu la force de le quitter. Se séparer de son conjoint toxique est une épreuve. Renforcer son couple quand il mérite de l’être n’est pas si évident et intuitif que ça. C’est un autre genre d’épreuve, et je mesure la chance que j’ai d’être dans cette situation.

Je ne dis pas qu’avoir envie de se faire toucher par un autre homme pour créer de l’excitation est une épreuve (Les papillons sont exquis). Je dis que c’est l’aboutissement d’une démarche longue et troublante pour parvenir à se comprendre, se trouver, tout en prenant conscience de cette personne éteinte que j’ai été, du temps perdu à jamais avec mon mari, et de la souffrance occasionnée par ce manque que je lui ai imposé, que je nous ai imposé.

Sébastien et moi nous reposons la question de savoir si c’est Pierre qui m’a excité, ou si c’est la situation et le jeu que nous avons créés ?

Dans la plus grande transparence du monde, j’avoue que oui, Pierre est un bel homme, qu’il parle bien, qu’il a du charme, qu’il sait y faire. Mais malgré tout, j’ai un sentiment d’indifférence à son égard. En fait, j’aime le personnage qu’il joue dans notre jeu. Dès que la conversation sort du jeu, et qu’il me parle de sa vie, il ne m’intéresse plus du tout. Je n’ai pas envie de savoir comment il va, j’ai envie de savoir comment il va entretenir notre complicité. Je n’ai pas envie de savoir comment est son caractère, j’ai envie de connaitre ses idées érotiques.

Donc non, Pierre n’est pas l’origine de ces papillons dans le ventre.

A l’inverse, quand je repense à me retrouver nue sous ma jupe, j’imagine un regard, mon potentiel érotique. Je suis mariée, c’est interdit de faire ça. Je suis sur mon lieu de travail, c’est interdit. C’est l’interdit qui m’excite. Mon mari est partenaire dans ce jeu, certes, mais pas la société ! ça c’est excitant.

La discussion s’oriente petit à petit vers Sébastien. Et une question se pose. Je ne sais pas comment l’aborder. Comment, lui, vit-il tout ça ? Pour une majorité d’homme, l’exclusivité est un prérequis inaliénable au couple.

Sébastien a été très jaloux à une époque. C’est un mâle et je suis sa femme. Il me parait souvent très primaire quand il s’agit de me défendre moi, ou sa famille, son honneur. Il estime qu’il doit subvenir aux besoins de son foyer, qu’il doit « assumer ». Si je suis bousculée par un homme dans un magasin en sa compagnie, il bombera le torse et comme un gorille, il cherchera l’affrontement. De la même manière, si on me regarde trop, il peut tout à fait aller interpeller celui qui me dévore du regard. Oui, primaire, c’est le mot. J’avoue que j’aime bien, mais ça frise le ridicule.

Paradoxalement, il me soutient qu’il n’a pas changé. Il m’explique que s’il a connaissance d’une discussion avec un autre homme dans son dos, ou que je le préviens après coup, il ne sera pas content du tout ! 

Tout ce qu’il se passe avec Pierre, on l’a construit ensemble, dans l’intimité de notre couple. Il est très clairvoyant sur ce que je suis, ma façon de penser, ma fidélité. Il n’y a aucun non-dit entre nous, et nous en sommes surs tous les deux. La confiance est inébranlable.

Il m’aime, moi, et il veut que je poursuive mon épanouissement. Il prend plaisir à me voir explorer et découvrir. Il a fait ses propres recherches, et a découvert la compersion. La compersion c’est aimer voir son conjoint être heureux.

J’aime voir que Sébastien est heureux, ça me remplit de joie. Pouvoir lui proposer de nouvelles pratiques sexuelles et plus régulièrement, me comble de bonheur. Avant tout, je le fais pour moi, mais quand c’est partagé c’est encore meilleur. Les expériences avec Pierre nous amènent dans des situations ou je suis actrice et Sébastien est spectateur. Et Sébastien me dit souvent que je suis son actrice préférée, et que par définition, il se tape son actrice préférée !

C’est difficile d’expliquer ce que nous vivons. Sébastien ne perd rien de sa virilité, Moi je reste fidèle. Nous pouvons conclure en disant que nous jouons à deux, et que nos sextoyssont humains.

Ces bases étant posées, il convient maintenant de définir nos règles.

Sébastien constate bien que j’avance à mon rythme et que ce n’est pas demain que je vais atterrir dans un gang bang (je ne le savais pas il y a encore peu de temps : un gang bang est acte sexuel dans lequel sont impliqués une femme, et beaucoup d’hommes). La règle de Sébastien est donc de discuter de tout ce qui se passe ou pourrait se passer avec Pierre ou quelqu’un d’autre.

La seconde règle coule de source pour nous, la double validation. Sommes-nous OK tous les deux ? Sommes-nous excités tous les deux ?

Et la troisième règle : Tout cela doit servir notre sexualité de couple. Hors de question que nos découvertes nous excitent chacun dans notre coin. Nous devons sexuellement en tirer un bénéfice.

Règle 1 : Tout se dire et anticiper

Règle 2 : Double validation

Règle 3 : Bénéfice pour notre sexualité

Nos règles sont simples et définies. Nous voilà désormais libres d’agir comme bon nous semble dans ce cadre. C’est libérateur et rassurant. Je me sens en sécurité, et plus que jamais en fusion avec mon mari. Je n’ai toujours pas d’objectif, à part continuer de m’explorer. Je ne ressens aucune limite, ni aucune pression.

Cette discussion avec Sébastien, sérieuse mais excitante, nous amène à une partie de jambe en l’air très intense. Nous ne manquons pas d’évoquer ces premières expériences avec Pierre. Lorsque Sébastien me pénètre, je lui dis que j’attends ça depuis ce matin, que j’aurais voulu qu’il soit à la place de Pierre pour qu’on baise dans ma classe. J’en profite pour m’enduire les fesses de lubrifiant, et je lui demande de me mettre un doigt dans le cul. Ça m’excite énormément, et je lui ordonne d’aller au plus profond. 

Pendant 5 bonnes minutes, je suis constamment au bord de l’orgasme, au-dessus de Sébastien, avec son doigt qui s’agite dans mes fesses. Il me demande si j’aime me faire doigter le cul. Ma réponse se résume à une répétition de « encore » dans son oreille. Je sens qu’il insère un second doigt, qui passe tout seul. Une vague de chaleur envahit mon vagin, et je jouis en même temps que lui. On continue de s’embrasser en reprenant notre souffle. Quelle sérénité. J’en oublie même les désagréments qui suivent systématiquement le retrait de ses doigts.

A cet instant précis, affalée sur le canapé, haletante et le regard plongé dans celui de mon mari, je suis impatiente de connaitre la suite de nos aventures.

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