Jeune adulte

L’heure de devenir une adulte est arrivé.

J’ai fini mes études et je deviens professeure. Sébastien entre également dans la vie professionnelle. Nous sommes toujours ensemble, habitons toujours chez nos parents et nous sommes heureux tous le deux. Niveau sexe, ce n’est pas trop ça. Rien n’est spontané. Je dois me préparer, et m’assurer que toutes les conditions sont réunies pour passer à l’acte. Je suis sûre que je vais finir par me découvrir et me lacher. 

Evidemment, nous découvrons ensemble plusieurs positions. Le missionnaire bien sûr, l’andromaque et la levrette. Voilà 3 façons de faire l’amour qui me conviennent à peu près, et je me persuade que ça suffira pour satisfaire Sébastien. En missionnaire, c’est le confort, tout va bien. Dans les deux autres positions, je ressens comme une gêne physique dans mon vagin. Donc oui, c’est sympa, mais ça ne fonctionne pas tout le temps.

J’ai appris à définir l’orgasme. C’est une vague de plaisir qui m’excite très rapidement d’un coup, mais qui s’éteint rapidement. J’aboutit très fréquemment, mais nous sommes loin des cris, des convulsions, des larmes, et autres réactions intenses que mes copines peuvent me décrire. Je doute encore pendant des années : Est-ce que ce que je ressens est bel et bien un orgasme ?

Je pense que oui, et avec le recul, je le confirme. Je ne sais pas encore que ça se travaille. J’ai 22 ans et j’ignore encore tellement de choses. Je dois encore attendre encore plus de 10 ans avant de comprendre que les orgasmes ne sont pas tous identiques, ni en intensité, ni en sensations.

Lorsque je suis « propre », j’accepte de recevoir un cunnilingus. C’est long, mais c’est simple et hyper agréable ! Cependant, je refuse souvent puisque ma définition de « propre » est assez précise : Sortie de douche ou au moins d’une petite toilette, et il faut que je sente bon le savon. L’idée que Sébastien puisse déceler la moindre odeur corporelle me rebute, et me coupe l’envie d’un rapport intime. C’est un peu le même principe que la peur qu’il découvre mes lèvres en pleine lumière. Cet organe n’est pas séduisant, quel plaisir peut-il trouver en regardant cette partie la plus intime de mon corps ? Qui plus est, si proche de mon petit trou ! C’est sale, c’est tabou.

Les fellations sont également très rares, pour les mêmes raisons. Je n’aime pas les odeurs corporelles, et c’est moche. Il faut donc que ça sente le savon. Pour éviter de regarder ses attributs, je pourrais fixer Sébastien dans les yeux. Qu’est-ce que c’est gênant. Bref, en lisant ces mots tu comprends que je n’aime pas ça.

Nous en discutons beaucoup malgré tout. Sébastien n’est pas quelqu’un de très patient avec les autres, mais avec moi il est toujours à l’écoute, aux petits soins, bienveillant. Il fait preuve d’une énorme empathie que j’ai du mal à comprendre. Il ferait mieux de me quitter dans ces conditions. Je ne veux que son bonheur et je ne parviens pas à le combler. Il est patient, et me retourne la remarque. Il ne veut que mon bonheur et m’assure que ça va venir, que je vais m’ouvrir avec le temps. Cet homme est une merveille. Ça me met une certaine pression, et je me dévalorise sans cesse sur le sujet.

Pour bien comprendre Sébastien, il faut aussi que tu saches qu’il peut quand même perdre parfois perdre patience au sujet du sexe, et à juste titre ! N’importe quel autre homme aurait déjà quitté le navire. Dans les conditions que j’impose à notre couple, la frustration peut prendre le dessus et la discussion peut devenir houleuse. Il sait se faire entendre, mais jamais sans une once de violence verbale ou physique. Son but n’est pas de m’inciter à faire ce que je ne veux pas, bien au contraire. Le sexe est une sorte de malaise chez moi, et donc dans notre couple. Il souhaite que je travaille là-dessus, que nous travaillons ensemble, afin de lever ce mal être que je refoule.

Mon principal argument au début de nos discussions est de dire que ça me va ! Faire l’amour une fois toutes les deux ou trois semaines, en choisissant dans mon catalogue sexuel une des trois positions basiques citées plus haut, c’est très bien ! Je n’en ai pas besoin de plus. Ce n’est qu’en échangeant avec Sébastien que je me rends compte que quelque chose cloche. Mais quoi ?

Lui, en revanche, il a un appétit assez fort, des idées par milliers, et une volonté de vivre des choses incroyables. Quand je me renseigne sur ce qu’il me dit, la vérité est qu’il souhaite faire ce que beaucoup de couples font. Faire l’amour debout, partout et n’importe quand, tester des jouets, de nouvelle pratiques… C’est une évolution logique dont je nousprive, mais je refuse de l’admettre.

A coté du sexe, c’est le bonheur parfait. On est d’accord sur beaucoup de choses, le sens de la vie, les enfants qu’on fera, la déco de notre future maison, les destinations de vacances. On a les mêmes goûts. Quand il parle, je bois ses paroles. Quand je lui parle il s’intéresse à moi. Nos débats sont constructifs. Nous supportons nos différences de caractères. Tout se passe bien, au point qu’on s’éloigne de nos amis. On est bien à deux c’est tout.

Quand on emménage ensemble, tout ça perdure et ce poursuit. On est heureux. Les taches ménagères posent parfois quelques soucis, nous ne sommes pas toujours en accord sur tout, mais absolument rien ne remet en cause notre couple et son avenir.

Nous sommes prêts à avoir un enfant !

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